Lecture: numérique ou papier?

Lecture: numérique ou papier?

Votre réponse peut déjà donner une idée! Car si vous lisez en quantité et sans avoir de bibliothèque à disposition à côté de chez vous pour emprunter des livres, cela devient vite compliqué. Compliqué pour le stockage bien sûr!

Lorsque j'ai emménagé avec DaviS en 2003, ce que j'avais le plus dans mes cartons, c'était des livres. De toutes sortes. De toutes les tailles. Je ne savais plus où les ranger tellement il y en avait. Des livres de poche, de collection, des éditions spéciales. Et beaucoup de SF. Vous savez, l'ancienne collection violette de J'ai lu! À l'époque j'avais dû me résoudre à laisser des cartons à la cave, ne voulant pas surcharger l'appartement avec mes bouquins. C'est que ça prend de la place la lecture!

Acquisition d'une liseuse

Lorsque je me suis intéressée aux liseuses, j'ai regardé les propositions du marché en Suisse. Amazon avec Kindle, Fnac et Kobo, Payot avec Bookeen. Et bien je n'ai pas fait long pour choisir! Les deux premières sont fermées – un peu comme les produits Apple – normal ils sont aussi américains… Le pire pour la première, si le contrat est cassé entre un éditeur/écrivain et l'entreprise, que le livre disparaît de leur catalogue, il va aussi disparaître de votre bibliothèque virtuelle! Et oui, même si vous l'avez acheté avec votre argent. Pas lu en entier? Tant pis pour vous, les affaires sont les affaires.

J'ai donc opté pour la Bookeen Cybook Odyssey, ravie de pouvoir me promener en vacances sans ma pile interminable qui prenait une place phénoménale dans mes bagages. Mais j'ai vite déchanté en voyant le prix de certains livres…

Confection d'un epub

Travaillant dans les arts graphiques (je suis polygraphe de métier), j'ai collaboré avec des éditeurs suisses pour des mises en page et des corrections de livres avant impression. Je sais que le secteur ne se porte pas bien, beaucoup d'entreprises préférant imprimer à l'étranger à moindre coût pour revendre en augmentant de l'autre côté, à l'acheteur (tous ne le font pas, heureusement!). C'est à se demander si les auteurs savent vraiment comment leurs livres sont fabriqués… Mais là c'est un autre débat!

Où je veux en venir, c'est qu'un livre version papier a tout d'abord une existence numérique. C'est mon métier, nous préparons la mise en page dans InDesign ou QuarkXPress, tout dépend de l'atelier de graphisme. Pour arriver à un epub, un PDF ou un livre papier, il y a bien sûr un cheminement différent car ce n'est pas le même traitement final pour arriver au format choisi. Mais à la base, le livre est numérique.

Le prix indécent du numérique

Alors, qu'est-ce qui prend aux éditeurs de faire des prix pareils? Franchement??? Qui va mettre CHF 25.– pour quelque chose de non palpable? Et bien pas grand monde, moi la première. Et après, on s'étonne que le livre numérique ne décolle pas en Suisse… J'ai déjà vu sur Internet des livres vendus MOINS CHER en papier qu'en numérique. Cherchez l'erreur. Et après on s'étonne du nombre de sites pour télécharger illégalement du contenu! On fait fermer Alexandriz et d'autres ouvrent droit derrière. Ce n'est pas en tapant sur les gens qu'on les éduque!

C'est comme pour la musique. J'en achète beaucoup, compact disc ou vinyles. Notre installation à la maison est très bonne, nous sommes passionnés par le bon son. Alors quand je m'offre un nouvel album en vinyle, je suis ravie d'y voir un code pour télécharger l'album numériquement! Car cette version aura été faite correctement, souvent il y a même le choix entre plusieurs mp3, du flac etc. C'est pensé correctement du début à la fin! Acheteur ravi, acheteur qui reviendra.

Qu'attendent les éditeurs pour faire pareil? Acheter un livre papier et avoir la possibilité de le télécharger, le rêve non? Ou pouvoir choisir son format de prédilection, sans DRM ou tatouages qui défigurent le livre. Il me semble que certains en parlent, je ne me suis pas encore penchée en détail dessus. Bragelonne a une politique intéressante et a fait pas mal parler avec leurs actions spéciales, c'est un bon début! Mais pour les gens ne lisant pas de SF-fantasy-bitlit-terreur-romance, c'est plus difficile d'avoir accès à des prix décents. Ou alors il faut passer par une bibliothèque qui prête des livres papiers ou numériques. Et oui cela existe aussi!

Ma pratique

Lorsque j'ai découvert l'auteur français Régis Goddyn avec son heptalogie Le Sang des 7 Rois chez L'Atalante (photo en tête), j'ai adoré la version papier pour la mettre en évidence au salon. Le travail de l'illustrateur Yann Tisseron est magnifique, l'idée du dessin sur les sept tranches est géniale! Alors les trimballer partout en les abîmant, très peu pour moi. C'est pourquoi j'ai été ravie de pouvoir acheter mes tomes au format epub, peu de temps après la sortie standard de chaque tome. Et oui, quand on aime on ne compte pas! Double achat au final pour pouvoir en faire la lecture confortablement partout. Mais si j'avais pu les télécharger contre un code ou tout simplement un petit supplément à l'achat de la version papier, j'aurais énormément apprécié. Qui sait, peut-être que les éditeurs vont se réveiller?

Pour le moment j'achète, télécharge et stocke dans un disque dur externe. Et je viens d'acheter une nouvelle liseuse pour remplacer la première, la batterie étant raide après presque sept ans d'utilisation intensive. Toujours chez Bookeen, la Muse FrontLight HD. Très agréable pour lire au lit sans mettre de lumière et déranger DaviS, j'économise les piles de la lampe de chevet, de petit format pour les vacances avec un poids plus léger que l'ancienne. Je suis ravie!

Alors, vous êtes plutôt pixels ou encre? Les deux?

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