04 • Beauregard Boys

04 • Beauregard Boys

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Beauregard Boys

Les Beauregard Boys, ce sont huit musiciens qui vous emmènent sur un autre continent le temps d’un concert. Avec au programme, de la musique cajun et du bluegrass!

Sortie: 15 janvier 2019


Matthieu Orioli et Cyril Francioli à L’Esprit Frappeur, Lutry, Suisse • 12.10.18

Antony Corbière à L’Esprit Frappeur, Lutry, Suisse • 12.10.18

Découverte

C’est vraiment par hasard que j’ai découvert les Beauregard Boys. Mais tu y crois au hasard toi? Franchement? Moi, plus du tout! Je me dis que tout arrive au bon moment. Et je profite à fond du moment présent!

Au printemps 2017, mon compagnon rentrait de vingt-trois jours passés aux États-Unis au guidon d’une Harley-Davidson sur la Dixie Road. Los Angeles – New Orleans, comme dans le film «Easy Rider». Lorsque j’ai vu qu’un groupe suisse faisant dans le bluegrass-cajun était en concert dans notre région à son retour, j’ai réservé direct! Et je n’ai pas regretté une seule seconde de cette rencontre musicale. Nous avons vécu un concert magnifique en petit comité! Des musiciens heureux d’être sur scène, de partager un bon moment avec le public présent. On a adoré cette première soirée!

Matthieu Perrenoud à L’Esprit Frappeur, Lutry, Suisse • 12.10.18

Killian Scartezzini à L’Esprit Frappeur, Lutry, Suisse • 12.10.18

Jonathan Ehinger à L’Esprit Frappeur, Lutry, Suisse • 12.10.18

Cyril Francioli à L’Esprit Frappeur, Lutry, Suisse • 12.10.18

 

Grégory Theintz à Lausanne, Suisse • 17.01.19

Adrien Bastian à Lausanne, Suisse • 17.01.19

 

Après nous avons joué de malchance, impossible de les revoir en concert avant une date en octobre 2018 à l’Esprit Frappeur. Mais quelle soirée!!! Ils étaient six musiciens au lieu des huit habituels (le chanteur principal au nombre des absents) et ont assuré la soirée en se répartissant les chansons. La salle n’était pas complète mais il y avait une ambiance incroyable et cela se ressentait directement sur scène. Un bonheur à photographier pour moi!

Les styles joués, bluegrass et cajun, ne sont pas très répandus en Suisse romande. Et c’est bien dommage car c’est une musique vivante! Vos pieds vont forcément bouger et vouloir vous mettre en station verticale pour danser. Ne vous en privez surtout pas et allez esquisser trois pas dans un coin de salle, vous verrez que vous ne resterez pas longtemps seuls! Si vous n’aimez pas danser vous pouvez taper des mains ou même les accompagner de votre voix lorsque vous reconnaîtrez les chansons. Car oui, en plus de leurs créations, ils font des reprises, dont certaines sont connues. Sans vous en rendre compte vous allez vous retrouver à chantonner des refrains pour votre plus grand plaisir!

Les instruments joués sont de ceux que l’on ne croise pas partout. Dobro, banjo et mandoline complètent à merveille deux violons, une contrebasse, une guitare et des percussions. Et un triangle. Ainsi qu’une planche à laver!

Lorsque vous sortez d’une soirée pareille, vous vous sentez heureux. Heureux d’avoir écarté les soucis pendant deux heures! Heureux de voir des musiciens qui s’éclatent pareillement sur scène! Heureux tout simplement d’avoir passé une soirée hors du temps.

Je ne peux que vous conseiller, voir même vous obliger à aller les voir en concert… Vous ne le regretterez pas!


Rencontre

C’est à Lausanne que j’ai rencontré Matthieu Orioli, violoniste dans le groupe des Beauregard Boys. Un petit café sympathique nous a accueilli bien au chaud pendant deux heures, le temps de lui poser plein de questions!

Comment s’est passé l’enregistrement de votre deuxième album?

Il est terminé! C’était intense parce qu’on l’a fait en un jour et demi. Ce qui est assez gonflé de notre part! On a réservé le Studio du Flon et surtout on a enregistré «en live»: un micro au milieu de la pièce et basta ! Impossible de retoucher les volumes ou les sons individuellement ensuite. Quand je dis un micro en fait il y en avait deux, l’un sur l’autre, une technique tout sauf académique mise au point par Benoît Corboz du Studio du Flon.

C’est vraiment pour enregistrer en acoustique, on n’est pas dans des pièces séparées et il n’y a aucun micro sur nos instruments (à l’exception de la contrebasse). La forme la plus vraie d’un enregistrement live, c’est une prise de l’instant T qui est notre façon de jouer. On est bons musiciens, techniquement on se tient, mais c’est vrai que là cela ne pardonne pas. On entend tout. Absolument tout. C’est la précision du micro qui est impressionnante… On entend même un gargouillement d’un musicien à la fin d’une chanson!

Pour le groupe des Beauregard Boys qui a énormément d’instruments sur scène, cela fait naturellement brouhaha. Et vraiment je suis très content du résultat. Ça sonne, il y a un côté pur. Certaines chansons sont touchantes justement parce qu’elles sont prises en une fois, il n’y a pas de triche! Aucune!

C’est ce que l’on ressent quand on est dans la salle, que du plaisir et pas de triche!

Mais en concert il y a plus de triche déjà. Parce qu’il y a les instruments qui sont sonorisés différemment. Donc on peut gérer les volumes. Là on le gère par le fait de faire un pas en avant ou un pas en arrière en direction du micro. C’est assez intense… On fait la prise, on l’écoute une fois et on se lance.

Ça fait longtemps qu’on est ensemble, plus de six ans maintenant alors on les connaît bien nos chansons. Certaines sont nouvelles mais on les travaille tellement, on s’habitue à jouer moins fort dès lors que la mandoline arrive pour un solo parce qu’on sait que son volume sonore est moindre à celui d’un banjo ou d’un violon par exemple. Et ça créé un peu une folie avec des instruments qui partent, et qui arrivent, et qui repartent dans tous les sens! C’est même peut-être un peu trop intense parfois.

Benoît Corboz a sonorisé, enregistré et capturé le nouvel album. Il a une oreille incroyable! Il entend tout, il est vraiment très bon. Et moi ce que j’ai vraiment aimé, c’est qu’il nous cadrait sans nous cadrer. Il est très fort! Plein de fois un musicien disait: Ah ça je peux faire, je peux me mettre là? Il faisait non. Fin de la discussion! C’était non, on va pas faire ça. Et c’était vraiment très bien de sa part.

Il y aura plus de cajun ou de bluegrass sur cet album?

Je dirais 50-50. On a plusieurs reprises de musique traditionnelle et d’autres styles, comme par exemple du newgrass ou des chansons qui sont de cette nouvelle scène bluegrass et cajun qu’il y a aux États-Unis! Elles font un peu pop, ça sonnera pour les gens comme de la pop country mais ça n’en est pas. Et bien sûr, il y aura des compositions du groupe!

Tout le monde compose chez les Beauregard Boys?

Les textes originaux sont de Grégory, de même que les accords de base et souvent une mélodie principale. Ensuite chacun arrange sa partie, parfois sur ses propres idées, parfois sur celles du groupe. En jouant le morceau des idées viennent, on ajoute une partie instrumentale ou un bridge, une pause, etc. Chacun amène sa patte et son instrument!

Une grande partie de notre répertoire est composé de reprises, ce qui assez courant dans ce style de musique, mais que l’on arrange à notre sauce, avec parfois beaucoup de liberté. Ce qui nous a fait beaucoup travailler ces derniers temps pour cet album c’est de se décider sur ce petit couplet, là, qui est-ce qui va accompagner la voix, comment, pourquoi. Essayer de varier les choses un maximum, qui est-ce qui va s’avancer vers le micro ou reculer!

 

On aime jouer, on aime manger, on aime boire.
En fait, on aime passer du bon temps ensemble!

 

Grégory n’a pas peur que vous lui piquiez sa place? Après votre magnifique prestation à six à l’Esprit Frappeur?

Ahah, tu dis ça justement parce qu’il n’était pas là? En fait on a senti que les gens ont aimé découvrir les autres voix qu’on a dans le groupe. Je pense à celles d’Antony Corbière, de Killian Scartezzini et de moi-même. On a tous des timbres très distincts les uns des autres et qui ont plus ou moins de mérite.

Grégory n’a pas à avoir peur parce qu’il a un timbre vraiment exceptionnel. Il a quelque chose, un grain, une façon de chanter. C’est un des seuls chanteurs où lorsque ça sonne un peu faux, lorsqu’il cherche sa note… C’est quand même  beau!

Sur ce nouvel album on s’est laissé une chanson que Grégory ne fera pas. Une reprise qu’il y a dans le film «Llewyn Davis» et qui s’appelle «Hang me». Killian la reprend, on l’avait faite à l’Esprit Frappeur avec Antony derrière et le résultat est vraiment très beau. On s’est aussi permis de faire une chanson 100% a cappella. Trois voix: Grégory, Killian et moi-même. C’est impressionnant une polyphonie bluegrass, c’est fort!

Cela se pratique beaucoup la polyphonie?

C’est un élément présent dans le bluegrass, inspiré en partie par le Ghospel, dont Bill Monroe, le «père» de la musique bluegrass, était influencé. De nos jours on trouve des groupes comme les Punch Brothers qui ont fait une chanson comme ça.

De notre côté nous avons été très exigeants au niveau de l’intonation et de la justesse, moi notamment! J’étais avec mon violon devant le micro à rappeler tout le temps les notes. C’est assez touchant d’entendre ces trois voix comme ça en polyphonie, avec des quintes, des quartes. Si elles ne sont pas justes elles ne sonnent pas bien mais dès qu’elles le sont… Ça vibre à l’oreille!

 

Les Beauregard Boys, c’est un groupe pour le live. On est beaucoup plus forts sur scène qu’en écoute sur album. C’est de la musique qui se danse!

 

La musique dans le groupe, vous l’avez apprise par vous-même ou avec une formation?

Je dirais qu’il y a plus de gens qui ont appris soi-même qu’avec une formation «officielle». Tout dépend des instruments, les connaissances principales dans le groupe c’est le domaine médical! Ils aiment bien jouer avec des petits objets donc j’imagine qu’on peut lier le bistouri avec les onglets du banjo.

Adrien Bastian et moi-même, violonistes, avons fait le Conservatoire. Sinon il n’y a qu’Antony, joueur de dobro, qui est musicien professionnel. Cela se sent assez vite il a une telle facilité! Il est guitariste, joue parfaitement du banjo, du dobro, de l’harmonica. On lui donne n’importe quoi dans les mains il y joue assez vite!

Sinon on a tous fait notre crise d’adolescence, on a imité Nirvana avec les cheveux mi-longs! On a deux-trois vidéos sur des anciens groupes de certains membres des Beauregard Boys dans leurs jeunes années et c’est à mourir de rire!!! Les mêmes tronches, mais avec une coupe à la Kurt Cobain.

Et la suite? Les prochains concerts? Si on vous propose une tournée en Louisiane par exemple, vous répondez quoi?

Oui on part. Oui oui oui on part! Mais le seul problème ce sont nos professions. Et on a tous nos vies à côté, nous ne sommes pas des musiciens pros. Ce n’est pas prévu que l’on vive de la musique mais on continue à se faire plaisir comme ça!

Un nouveau travail qu’on aimerait faire maintenant c’est bosser avec un micro un peu comme celui avec lequel on a enregistré, mais pour s’amplifier en concert. On a prévu de se ruiner un jour pour se l’offrir! Ça change beaucoup la manière de jouer car le volume d’amplification n’est plus un bouton sur l’ampli, mais le volume réel de l’instrument en fonction de la distance avec le micro. Et progresser!

Je vais encore citer les Punch Brothers car ils sont une énorme influence pour nous et jouent beaucoup comme ça. Mais nous conservons un truc qu’on a en plus, c’est ce côté balancé-créole qui nous réussit assez bien en fait. Cette musique un peu spontanée purement cajun de Louisiane! C’est chouette de jouer cette musique-là, ça fait danser les gens!

On joue, on existe et ça c’est chouette!
On va continuer à faire des reprises de groupes qu’on a aimé là-bas et qu’on va vous faire découvrir ici.


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